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Avec le succès qu'ils ont connu et ne cessent de connaître, on peut se demander s'ils n'ont pas fait un pacte avec le diable...

L'histoire de Mes Aïeux débute en 1996, au lendemain de l'échec du référendum de 1995. Pour combattre la déprime ambiante, Mes Aïeux invoque les figures légendaires du folklore québécois. Dans une séance de wija musical et théâtral, les membres du groupe amorcent un dialogue avec les anciens pour essayer de comprendre qui nous sommes. Apparaîtra une véritable Chasse-Galerie de personnages : Rose Latulipe, le grand Satan, le curé du village, Mon Oncle Prémi, le loup-garou, la belle du village, la maitresse d'école, le soldat du régiment... Mes Aïeux devient une fabrique artisanale où l'on gosse le matériel folklorique à la main, dans l'espoir de fabriquer de l'identité pour aider la grande famille québécoise à se relever d'un pénible lendemain de veille.

Les chansons sont créées sur le coin d'une table ou sur le sofa du salon. On les joue, on les fait entendre à des amis, puis certains de ces amis se joignent au groupe qui se met à écrire d'autres chansons pour les performer plus tard dans des partys, de petites salles, dans les bars... parfois en échange de pièces de céramique ou de miches de pains ! La philosophie du groupe n'est pas celle d'un groupe rock, elle s'apparente plutôt à la troupe de théâtre. Ce qui compte, c'est la rencontre avec le public, ou qu'il soit, peu importe le contexte.

Les premières répétitions sont toujours articulées autour d'un brunch. On mange d'abord, on partage le repas, on boit un peu de vin, on jase, on refait le monde, puis vient le moment où l'on sort les instruments. Installés dans la cour arrière d'un des membres du groupe, Mes Aïeux casse ses chansons, pendant que les curieux sortent sur leur balcon ou s'installent à la fenêtre pour écouter le concert improvisé.

L'esprit théâtral de Mes Aïeux est encore plus évident en concert. Il y a, tout d'abord, les costumes. À leur début, chaque membre du groupe incarne un personnage emblématique du folklore québécois. Le diable, le coureur des bois, le curé, l'ange, l'amérindien, le farfadet et l'orignal... Le tout avec une touche d'autodérision et une esthétique bon enfant. Les premiers spectacles prennent la forme de Soirées Canadiennes de l'an 2000, assaisonnées d'une bonne dose d'humour décapant... On assiste alors à un véritable happening à géométrie variable, où chansons et sketches se succèdent dans un joyeux délire où tout peut arriver, les membres du groupe étant tous doués pour l'improvisation théâtrale. En tout cas, la formule fonctionne. Le public trippe sur les chansons, se dilapide la rate avec les sketches et ça se termine en dansant sur le rythme de Swigne la bacaisse et autres chansons endiablées du groupe.

Une des chansons de Mes Aïeux qui exprime sans doute le mieux la rencontre fusionnelle du groupe et de son public est la désormais mythique Remède Miracle (rebaptisée La P'tite Granule par son public). Chanson à répondre qui ne demande pas seulement une réponse vocale de l'audience, mais également la participation physique de celle-ci. On peut dire sans se tromper qu'il s'agit d'une des premières chansons à chorégraphie à remporter autant de succès depuis Pied de Poule et YMCA !

Puis, à force de se faire demander par son public conquis mais non repus si un disque de leurs chansons était disponible chez un bon disquaire, Mes Aïeux en vient à la conclusion que le temps est venu de graver leurs chansons sur un disque que chacun pourra écouter à sa guise, dans son chez-soi.

Mais Mes Aïeux hésite à entrer dans la business du disque... C'est que le groupe est habitué d'être « Maître chez lui » sur la scène et devant son public. Nos gosseux de musique n'ont pas envie de se faire dire que ça leur prendrait des habits neufs, qu'il faudrait mettre un peu plus de pop sucrée dans leurs mélodies, ou que ça se vendrait mieux s'il y avait juste un petit peu moins de mots dans leurs chansons artisanales. C'est donc en collectant des sous auprès de fans et d'amis, en contractant une dette morale et monétaire envers leurs proches, que Mes Aïeux met les pieds dans le studio d'enregistrement afin d'immortaliser, de manière indépendante et libre, les chansons de leur premier album intitulé : « Ça parle au diable ! ».

La distribution est archaïque. On va livrer quelques caisses de disques chez quelques bons disquaires judicieusement choisis... et l'improbable se produit. Les disques se vendent au point de devoir aller porter d'autres caisses de disques pour renflouer les tablettes. La chose finit par se savoir et une maison de disque, Les Disques Victoire, approche le groupe pour rééditer le disque et le distribuer convenablement sur l'ensemble du territoire de la Belle Province. C'est le début d'une belle association avec une compagnie et des gens qui ont vu en Mes Aïeux une fabuleuse bête sauvage qu'il valait mieux ne pas dompter.

Les bases sont jetées pour le début d'une palpitante aventure. Le groupe étend lentement mais sûrement ses tentacules aux quatre coins de son pays grâce à ses spectacles réjouissants et festifs qui s'adressent à la tête, au coeur, aux jambes et aux hanches... Le bouche à oreille du public s'intensifie. Ce public semble être en mission : avec un enthousiasme contagieux, chacun se fait un devoir et un plaisir de faire connaître les chansons du groupe à la parenté et aux amis.

Le train s'emballe avec le deuxième album, Entre les Branches, alors que les radios commerciales hésitent toujours à entrer dans la danse, malgré un hit au potentiel radiophonique indéniable : La prison de Londres, revampée et aux accents disco, à laquelle on a greffé un grand classique des années 70, la chanson Wow d'André Gagnon.

Mes Aïeux continue pendant ce temps à rouler sa bosse et raffine et peaufine son univers scénique. Les spectacles s'ouvrent avec une chanson livrée a capella - chanson qui n'a pas encore été gravée sur disque - une certaine « Dégénérations » qui déclenche chez le public une décharge de frissons et l'envie irrésistible de danser avec sa suite orchestrée, Le reel du fossé... Les interventions parlées sont resserrées, mais la folie est toujours au rendez-vous, avec, notamment, comme climax de leur performance, un « pot-pourri disco », articulé autour de Swigne la bacaisse, qui est devenu un classique de leur répertoire en spectacle.

Toujours porté par le bouche à oreille de ses fans de plus en plus nombreux, l'album En famille se vend à plus de 100 000 exemplaires, et ce, avant même que la chanson Dégénérations ne devienne le hit radio que l'on sait.

Le succès et sa machine infernale - devrait-on plutôt parler de canot volant ? - s'empare de Mes Aïeux... Mais le groupe, qui roule sa bosse depuis presque dix ans, arrive à éviter les clochers d'église et mène l'embarcation d'une ville à l'autre pour offrir sa prestation et aller célébrer, en chansons, la rencontre du peuple que nous avons été avec celui que nous sommes devenus... et celui que nous sommes appelés à devenir un jour.

Une fois la poussière retombée et les costumes de scène bien usés, Mes Aïeux prend pour la première fois, depuis le début de sa courte mais intense carrière, un léger temps d'arrêt... Le groupe sent un besoin de se réinventer et de fréquenter de nouvelles sonorités. En résulte un album plus urbain, La ligne orange, peuplés de personnages et de paysages de la grand' ville. Le Fantôme du Forum y côtoie celui du Grand Antonio... et pour la première fois, le groupe nous projette vers l'avenir avec une chanson-fleuve aux accents rétro-futuristes qui fait du Stade Olympique rien de moins qu'un vaisseau spatial s'envolant dans le ciel. Mes Aïeux, après avoir fait le tour de son pays, cherche encore la trace de qui nous sommes...

Le groupe a beau avoir évolué, en gossant ses chansons, il continue de penser à la scène : à comment les chansons seront livrées au public. Avec un souci du costume à endosser et des personnages à évoquer, Mes Aïeux continue de nous offrir son théâtre chanté...

Après une autre éreintante, étourdissante et satisfaisante tournée, Mes Aïeux prend une deuxième pause, plus longue, celle-là. Mais il semble que les membres du groupe ont encore le diable dans le corps, puisqu'avec À l'aube du printemps, ils reviennent en force et en sagesse, et nous chantent d'entrée de jeu : « Envoye, viens donc, on repart en vagabond, on suit le bon filon, qu'importe la destination... »

Quand s'arrêteront-ils ? Ça, seul le Diable le sait !


Copyright Mes Aïeux © 1996-2012

  • Les débuts du groupe à l'Été 97 à Boucherville chez Gigi.

  • Au club soda à montréal en avril 2002.
    Photo de patrick ménard.

  • Au club soda en 2003.
    Photo de stéphanie boisvert.

  • La tournée en famille en 2004.
    photo de simon ménard.

  • Au francofolies de montréal à l'été 2005.
    photo de simon ménard.

  • La tournée la ligne orange en 2009.
    photo de pierre koch.

  • Le groupe au studio piccolo en novembre 2011.
    photo de jean-francois beaulieu.

  • Mes Aïeux - à l'aube du printemps.
    photo de jocelyn michel.

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Graphisme: Raphaël-Lune Duquet-Cormier
Illustration: Marianne Chevalier